« C’est le gouvernement de Talon lui même qui prépare une rentrée scolaire non apaisée » selon l’UNAPEEB

Par Taïrou Sare

L’Union Nationale des Associations des Parents d’Elèves et Etudiants du Bénin (UNAPEEB) demande au gouvernement de surseoir à l’évaluation diagnostique et intellectuelle des enseignants ACE de 2008.

Paul Koudoukpe, président Union Nationale des Associations des Parents d’Elèves et Etudiants du Bénin (UNAPEEB)

Une évaluation qui selon l’Union sera source d’une rentrée scolaire 2019-2020 non apaisée. Le Président de l’UNAPEEB dans un communiqué rendu public ce lundi 19 Août 2019, fustige l’idée du Gouvernement Talon d’évaluer les enseignants qui ont déjà un certains nombre d’années d’expérience.

Extrait d’une interview accordée à Deeman Radio par Paul K. KOUDOUKPO :

« Depuis le mercredi 24 juillet 2019, à l’annonce de l’évaluation-licenciement des A C E reversés depuis 2008, soient 9 861 instituteurs des enseignements maternel et primaire, et 8 706 professeurs de l’enseignement secondaire général, tout est perturbé. L’atmosphère sociale est surchauffée. Il n’y a plus de semaine où ne se tiennent plusieurs assemblées générales d’enseignants proclamant leur détermination à boycotter ladite évaluation, le 24 août 2019.
L’UNAPEEB voit dans cette évaluation-licenciement une volonté manifeste de détruire l’Ecole béninoise. Pour cause : l’année dernière déjà, avec l’effectif que l’on veut réduire, nous avons eu droit à trois enseignants pour six classes en moyenne dans les meilleurs des cas à l’enseignement primaire. Au secondaire, on a recours aux vacataires pour combler les trous. Dans le même temps les besoins en personnel enseignant annoncés par l’Etat lui-même pour la rentrée 2019-2020 se chiffrent à près de 22 000 enseignants. On ne comprend donc pas la logique et la décision du Président Patrice TALON de réduire cet effectif d’enseignants qualifiés au motif qu’ils seraient incompétents. » 

L’Union Nationale des Associations des Parents d’Elèves et Etudiants du Bénin, par la voix de son Président, invite le Gouvernement de Patrice Talon à revoir sa copie pour une rentrée scolaire apaisée.

Paul K. KOUDOUKPO,

« Les ministres et députés du Président envoyés en mission à grands frais, dans leur conférence de presse et séances de sensibilisation n’arrivent pas à convaincre les enseignants ni les parents d’élèves. Ils ont laissé entendre qu’après l’évaluation les reversés seront répartis en deux groupes : le groupe A, constitué de ceux qui auront obtenu 10 sur 20 et plus seront recrutés en APE, qui n’existe plus dans les textes qui régissent le Fonction publique ; puis le groupe B, (le grand groupe, précisé par le Ministre Salimane Karimou), subira une nouvelle évaluation après 9 à 12 mois de formation. Les meilleurs, après cette nouvelle évaluation, seront confiés à une agence privée à gérer tandis que les mauvais seront redéployés dans des ministères de leur choix. On aura ainsi privatisé l’Ecole publique et précarisé l’emploi. Les coûts d’accès à l’Ecole privatisée seront davantage élevés et difficiles à trouver pour les parents déjà appauvris. Voilà qui livre les vraies intentions du Président TALON sur ladite évaluation, à savoir : réduire la masse salariale. Or tout le monde sait que ce sont les salaires politiques exorbitants et hors normes qui augmentent démesurément la masse salariale au Bénin. »

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