Musique : Amy Mako, de la musique féminine du Nord Bénin à la conquête du monde

Par Gaston Yamaro

Ecoutez le titre « Tourou » ici

Ecoutez le titre « Karigui » ici

Qu’elle soit seule sur scène, avec sa guitare acoustique, qu’elle soit accompagnée par son orchestre entièrement féminin « kabiyessi », ou qu’elle soit plutôt avec ses collègues danseurs dans la troupe « Atelier Nonsina » de Parakou, Amy Mako s’illustre comme une musicienne pleine.

Amy Mako en prestation solo.

Côté chanson, elle emprunte, dans le texte et le style vocal, aux chansons féminines de clair de lune. Une alternance de lead, chœur et battements de mains qui fait le canal à des textes philosophiques, socio-éducatifs où les époux sont à la fois loués et charriés par les groupes de femmes. Les femmes y décrivent leur bonheur et peine au foyer ainsi que dans la société en général. Les titres « Wariri », « Tourou » et « Daaro » l’incarnent si bien.

Côté instrumental, Amy Mako mise sur les percussions et l’acoustique, s’inspirant des musiques à cordes du monde Baatonu qu’elle peut transposer elle-même sur sa guitare en même temps qu’elle chante. Sur scène, elle est accompagnée par le seul orchestre entièrement féminin du Bénin, et qui était récemment à Ouagadougou, en marge du FESPACO. Guitare, Piano, batterie, assurés par des musiciennes formées à Parakou, en mesure d’interpréter aussi les meilleures chansons de nos goûts, en plus du répertoire d’Amy Mako.

 

Batteuse de l’orchestre Kabiyessi

Elle-même, griotte de caste, reste bien accrochée à son talking drum, plutôt innovante, même en milieu traditionnel. Elle dialogue avec son tambour et souvent elle y ajoute à la fois le tam-tam grosse caisse.

Amy Mako était présente au Festival des Arts Griotiques 2019.

Côté danse, Amy Mako capitalise grandement son savoir traditionnel de la troupe « Atelier Nonsina », une troupe de danses traditionnelles du Bénin, singulièrement Peulh et Baatonu. Sa posture physique imposante se prête notamment aux déhanchements des heures de joie de femmes sur le rythme Aske. Elle ne s’en prive pas sur scène, de quoi enflammer le public qui se joint à elle dans une liesse participative.

Amy Mako dans une danse princière Fon. 

Son séjour en Belgique en 2018 crée certainement un nouveau couloir vers l’ouverture africaine et mondiale. Il y a dans son dernier single « karigui », les traces de sa rencontre avec son aînée Kiri Kanta, dans un style world. Une révision du timbre vocal qui se marie mieux avec une musique plutôt inspirante que d’ambiance, avec des proverbes et leçons de vie.

Sa dernière vidéo « Tourou » est en ce moment sur les écrans, parmi les plus appréciées au Bénin. De son vrai nom Amina CHABI DAKARA, Amy Mako, bien encadrée, est en mesure d’assurer la relève de Kiri Kanta, de Zouley Sangaré et bien plus encore.

Elle est souvent la tête d’affiche du Festival International de la Femme Artiste FIFA, qui a permis à Kiri Kanta de retrouver la scène nationale en 2014, après plusieurs décennies d’absence et de folles rumeurs.

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