Soulé Dankoro : Le peuple Baatonu regrette le départ d’un brave homme de culture

Médecin-Colonel à la retraite, Soulé DANKORO est le premier président de la Commission Nationale de Linguistique Baatonu (CNLB). Pierre BARASSOUNON, l’un des anciens présidents de cette Commission en parle.

« Vraiment nous sommes peinés d’apprendre la mort de notre aîné Soulé Dankoro qui a été le premier président de la Commission National de Linguistique Baatonu. Il a posé des bases sur l’installation du bureau, le règlement intérieur, l’organisation pratique des comités et autres, et la commission a pu démarrer sous sa direction. Il a aussi restauré la Gaani, la fête identitaire Baatonu que la révolution, en leur temps, avait bafouée. Mais après sa nomination au ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, notre aîné a pu ramener avec vivacité la Gaani dans le Borgou. C’est un homme courageux qui a pu, à cette époque, braver l’administration qui disait “à bas la féodalité” ; et même la culture était presque bafouée. Mais il a relancé cela. Nous voulons lui dire merci.

Né en 1943 à Yanro dans la commune de Sinendé, Soulé DANKORO a tiré sa révérence ce mardi 16 Avril 2019 à Paris, en France. Ancien dignitaire du régime révolutionnaire, Soulé DANKORO fut ancien membre du Parti de la Révolution Populaire du Bénin (PRPB) jusqu’en 1989, fin du régime révolutionnaire. Jacques BAGOUDOU, enseignant à la retraite nous parle de l’homme.

« Soulé Dankoro est un brave Bariba, un militaire, colonel de l’armée béninoise. Je l’ai connu lorsqu’il est admis au cours des officiers en France où il a fait la médecine militaire pour finir médecin militaire de l’armée béninoise. Après sa formation il a pris service au centre de santé militaire de Cotonou … »

Jacques BAGOUDOU, enseignant à la retraite et cadre Baatonu ajoute.

« Nous au niveau de la Sous-Commission Linguistique Baatonu, nous l’avons élu président de cette sous-commission, parce que la Commission était une sous-commission qu’il a dirigée avec certains braves. Parce que Soulé est quelqu’un qui ne recule pas. Quand il prend une décision, soit ça passe ou ça casse. Il a même eu à nous dire qu’il est le plus puni de l’armée béninoise. Parce qu’on le traitait d’indiscipliné. Et c’est plutôt la bravoure parce que Soulé n’aime pas qu’on le taquine. Or dans l’armée c’est exécution avant réclamation. Pour certains faits Soulé n’exécute pas avant de réclamer. »

Président du Parti Démocratique du Bénin (PDB), Soulé DANKORO a occupé plusieurs postes politiques au Bénin et a même été candidat à la présidentielle de 2001. Jacques BAGOUDOU.

« Il a été candidat à la présidentielle contre Kérékou, ce que beaucoup n’ont pas apprécié. Parce que Kérékou l’avais nommé (pendant la révolution ndlr) ministre de la Jeunesse et des Sports son premier poste ministériel, après il a été nommé ministre de la santé, de là il a été nommé ministre du commerce, après il a été nommé ministre des transports, et il a été nommé en dernier poste préfet de l’Atlantique. »

Après sa retraite politique, Soulé DANKORO et son épouse vivaient en France. Abdoulaye YAROU, un proche de la famille DANKORO.

« L’illustre disparu Soulé Dankoro après sa carrière militaire et sa carrière politique s’est retiré pour s’occuper de son jardin et son champ d’ananas et autres qu’il embouteillait même. C’est comme ça que sa femme qui a étudié la médecine militaire s’est installée en Europe. C’est dernières années il est allé pour vivre avec sa femme. Il était revenu il y a de cela un an et demi à Sinendé. Il était visiblement faible. Son frère aîné est encore vivant mais on sentait que le poids de l’âge pesait sur lui. C’est comme ça qu’il est parti, sous la demande de sa femme, que la famille a accordée, pour qu’il aille vivre là-bas avec sa femme. »

C’est avec tristesse que parents et amis ont appris le décès de l’homme ce mardi 16 avril 2019 dans sa 72ème année (de sources proches de la famille). Une grosse perte pour le Bénin en général et le Baru tem en particulier selon Jacques BAGOUDOU et Pierre BARASSOUNON.

« Soulé vient de nous quitter vraiment c’est une perte pour nous… Nous avons perdu un grand homme politique et aussi un grand homme de culture pour avoir installé la Commission Nationale de Linguistique Baatonum ».

 

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